Un dimanche matin au creux des draps pour rattraper le sommeil perdu, celui qui s’effiloche lentement tout au long des semaines. Un dimanche matin, la tête qui sourit encore à la soirée de la veille passée entre amis. Un dimanche matin à pancakes, beurre de pommes et thé de Noël. Un dimanche pour prendre le temps. Le soleil, après de nombreuses semaines trop grises, est venu frapper aux carreaux. Alors, une fois la collection de vinyles lavée, triée, classée, enregistrée on est partis se promener. Il est 16h30, et sur l’autoroute le soleil est déjà bas, jamais nous aurons le temps de profiter de ses derniers rayons à la Mare à Goriaux, notre endroit chouchou pour les balades du dimanche. Changement de cap, direction au Site Ornitologique de Cinq Tailles, à Thumeries.



Le site de Cinq Tailles est un de ces nombreux sites industriels reconvertit en espaces naturels. Ici, un long chemin bétonné traverse la forêt pour rejoindre les bassins, d’anciennes cuves de décantation de la sucrerie Béghin Say. Aujourd’hui il n’y a plus de betteraves à sucre dans les bassins de Thumeries, qui attirent désormais de nombreuses espèces d’oiseaux, de grenouilles, de fleurs et d’insectes. La nature revit. Une biodiversité riche que l’on nous offre à découvrir à l’abri des regards de la faune, cachés dans les quatre observatoires qui bordent les bassins.



Dans la forêt nue de février, nous avançons d’un pas pressé pour voir à tout prix le soleil se coucher. On entre dans les cahutes de bois aux volets ouverts sur le paysage. La nature est plutôt calme en cette soirée d’hiver et les quelques oiseaux que nous apercevons ne font pas un bruit. Seules les Highland Cattle remarquent notre présence dans nos petites cachettes. Mais c’est depuis l’observatoire panoramique que le spectacle est le plus beau. Pas un bruit à l’intérieur, nous sommes seuls, tapis dans l’ombre pour observer la vie qui se joue dehors, dans les prairies humides et les roseaux. Il fait vraiment froid quand le soleil nous offre ses derniers rayons, avant de s’évanouir dans la forêt sombre, ombre chinoise à l’horizon. Le ciel est rose, orange, violet et nous laisse présager que demain il fera grand beau. Un ragondin passe dans les roseaux, suivi par l’envol de quelques oiseaux. À part quelques canards qui plongent chercher des larves pour le dîner, les autres habitants des bassins sont plutôt impassibles en cette fin de journée de février. Nous prenons le temps de faire quelques photos de la nature endormie avant que la nuit ne nous vole les derniers instants de luminosité. Comme souvent en ces dimanches d’hiver, nous sommes les derniers à partir, laissant la forêt reprendre pleinement ses droits, les cris des oiseaux se faisant soudainement entendre au loin, comme si dans un vacarme heureux, ils se disaient “Ça y’est les gars, ils sont enfin partis !”. C’était beau, glacé, serein.

 

Alors nous reviendrons ici, un beau dimanche d’avril, quand le printemps aura verdi les arbres et redessiné les contours d’une nature qui s’éveille.

 





Je suis bien heureuse de revenir par ici, prendre le temps de me souvenir de ces beaux dimanches, ces journées qui n’ont l’air de rien comme ça, mais qui sont pourtant celles qui éclairent nos semaines. J’y jette les mots sans les ruminer, sans réfléchir. Et ce jour-là, j’ai pu cocher 3 cases sur ma liste des petits bonheurs du quotidien (la belle idée de Caroline) : Laver et ranger les vinyles – Danser dans le salon en chantant faux – Découvrir de nouveaux endroits pas loin de la maison. Et puis en rentrant, j’y ai ajouté “Acheter une paire de jumelles”.

C’était un dimanche-pancakes, un dimanche-forêt et un dimanche-Papa Raffaele.

C’était un beau dimanche ♡