Je ne pensais pas parler de ce week-end par ici, j’avais seulement commencé à rédiger un post pour facebook pour accompagner les deux-trois photos convenables. Mais c’était sans savoir que ces quelques mots allaient se transformer en plusieurs paragraphes ! Alors voici par ici, un billet un peu inattendu, un peu décousu, quelques bribes de nos premiers pas en Allemagne, en attendant les suivants :)

Voilà déjà de nombreux mois que j’avais enregistré cet endroit d’une petite étoile sur Google Maps. Il doit y avoir deux ans, à la recherche d’un point de nature où s’échouer pour le week-end, j’étais tombée sur cette étendue bleue, le Parc National Eifel, à trois heures de Lille seulement. Trois heures ce n’est pas si loin, mais c’est toujours trop long pour une journée à l’improviste. Alors on a repoussé jusque là le voyage et on s’est enfin décidé à y passer un week-end de fin d’hiver, histoire de retrouver un peu la folie de ce voyage en Écosse sous la pluie à dormir dans notre 207 (on est un peu fous mais, il faut l’avouer ça devait nous manquer un peu ^^ ).

Alors pour cette première fois en Allemagne, on a embarqué le minimum, pulls et chaussettes en laine, duvets chauds, oreillers moelleux pour une nuit dans la voiture, un bidon d’eau, une bonne bouteille de Gewurztraminer, le réchaud et des plats tout préparés, le thé, des gaufres liégeoises et du granola. Pas de maquillage, pas de réseau, pas d’artifices, seulement le nécessaire pour se reconnecter.



Comme une impression d’avoir atterri dans les années 40 avant d’être catapultés des siècles en arrière face au Château d’Eltz.

Du Parc National Eifel au Burg Eltz, l’Allemagne nous a offert une campagne vallonnée, parsemée de forêts de pins denses et profondes et de champs où broutent quelques vaches écossaises. En trois heures de route, nous avions traversé deux frontières et plus nous nous éloignions de la Belgique vers le sud de la Rhénanie du Nord, vers la vallée de la Moselle, plus l’architecture des maisons devenait intéressante, avec des colombages rouges et des ruelles pavées étroites. Sur les coteaux des falaises, des hectares de vigne attendent les premiers bourgeons et de nombreux clochers et croix, visibles de loin, se dressent au dessus des villages. Un saut dans le passé que je n’avais pas prévu. Comme une impression d’avoir atterri dans les années 40 avant d’être catapultés des siècles en arrière face au Château d’Eltz.



J’avais aussi repéré cette merveille sur les photos des utilisateurs de Google Maps (avant de percuter que c’était bien lui LA star des châteaux sur instagram ^^) et l’on ne s’attendait pas à ce qu’il soit si beau, si fourni en détails. Gamine, j’ai quelques fois visité avec l’école ou mes parents les Châteaux de la Loire qui, bien qu’imposants et symboles de tout un passé, ne m’apportaient pas beaucoup d’émotions. Nous ne sommes pas forcément des férus de châteaux ou monuments historiques et ce n’est pas la première chose que nous recherchons en voyage mais je dois dire que celui-ci nous a particulièrement attirés. Nous le découvrons sous la pluie au détour d’un virage en forêt et il a cette force, cette tranquillité qui ne laisse pas indifférent. En ce matin d’hiver nous arrivons seuls sur le site et la forteresse est bien majestueuse. Les quelques corbeaux qui tournent autour des tourelles ajoutées à l’édifice médiéval à la Renaissance apportent un esprit magique au lieu : mi-Harry Potter mi-Disney au premier abord, finalement, j’imagine plutôt ce château comme une vieille grand-mère qui aurait traversé les siècles en toute sérénité, esquivant les batailles et les guerres pour rester intact, pour évoluer, se pouponner et rester la matriarche de la famille Eltz siècles après siècles…


Fermé pour l’hiver, nous nous sommes promis d’y revenir avec le décor doré de l’automne, en espérant un temps plus clément, des lumières plus jolies. Durant deux jours nous avons essayé de semer la pluie et le vent mais ils nous ont vite rattrapé pendant nos balades en forêt et notre nuit au milieu des champs. Faire chauffer sa casserole sous la pluie battante de la nuit nous a forcément rappelé l’Écosse, et bercés par le son des gouttes sur le toit de la voiture nous nous sommes endormis au chaud dans nos duvets. Mais la tempête qui faisait chanceler la voiture a eu raison de notre motivation le lendemain, lorsque la pluie s’invitait sur la route, nous décourageant de toute envie de sortir explorer la campagne et faire quelques photos.



L’automne sera aussi l’occasion de retourner découvrir le Parc National Eifel, de l’explorer plus longuement, de s’y perdre vraiment, d’enfin trouver le chemin qui nous emmènera au bord de l’eau. Nous avons été un peu déçus de cette première approche, le lieu a l’air très (trop) touristique au regard des nombreux parking payants disséminés tout autour du lac alors peut-être qu’il faut plus de temps pour l’appréhender et chercher, trouver, découvrir ce petit quelque chose qui te fait avancer les yeux grands ouverts, celui qui te donne envie de ne plus partir.



Le sale temps en moins – croisons les doigts – nous reviendrons en Allemagne pour, cette fois, faire le détour sur le pont suspendu le plus haut du pays. Avec la pluie et le vent nous avons préféré reporter, mais le pont suspendu de Geierlay, qui culmine à 100 m au dessus de la vallée, reste pour moi un vrai défi, l’instant de vérité pour savoir si j’ai toujours le vertige ou pas ! Alors, en attendant de pouvoir explorer plus longuement la Rhénanie du Nord – Westphalie, nous sommes preneurs de tous vos bons conseils si vous connaissez cette région :)

 

Des premiers pas (pluvieux) en #Allemagne, du Parc Eifel au Burg Eltz 🏰🌿 Click To Tweet

  • Le Château d’Eltz est fermé en hiver (ouvert à partir du 2 avril) et son parking est gratuit (contre 2€ le reste de l’année).
  • Pour les saisons moins pluvieuses, une courte rando de 35 minutes débute du village de Moselkern.
  • Pour les vanlife addict, le camping sauvage est interdit partout en Allemagne (même en cas de force majeure) donc nous vous conseillons d’être discrets. La plupart des petits chemins sont des voies privées, nous avions trouvé un petit chemin de campagne perdu, entourés de champs et invisibles depuis la route (discrets mais en plein vent ^^).